Promotion et intégration du développement durable


Les risques industriels et technologiques

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Le risque lié au transport de matières dangereuses (TMD)

 Centrale thermique du Vazzio
DREAL-SICP, François Bastelica 

Le risque lié au transport de matières dangereuses (TMD) est consécutif à un accident se produisant lors du transport de ces matières par voie routière, ferroviaire, voie d’eau ou canalisation.

Une matière dangereuse est une matière ou un objet qui, par ses caractéristiques physicochimiques (toxicité, réactivité, etc.) peut présenter des risques pour l’homme, les biens et/ou l’environnement. Tous les jours, une grande variété de matières dangereuses, dont la majeure partie (80 %) est destinée à des usages industriels, est transportée dans le monde. Ces matières peuvent être transportées sous forme liquide (comme le chlore, le propane ou la soude) ou solide (comme les explosifs ou le nitrate d’ammonium). Ces substances ont souvent une concentration et une agressivité supérieures à celles des usages domestiques.

Les canalisations sont reconnues comme étant le moyen le plus sûr et le plus économique de transport des matières dangereuses.

Un incendie, un dégagement de nuage toxique, une explosion, une pollution du sol et/ou des eaux constituent les principales conséquences engendrées par un accident lors du transport de matières dangereuses.  

Le transport routier

En raison du trafic routier assez important sur certains tronçons et de l’accroissement important du parc automobile en saison estivale, le risque d’accident est avéré.

Néanmoins la Corse ne possédant pas d’industrie chimique, la nature des produits transportés se résume principalement à des hydrocarbures liquides ou liquéfiés, des huiles et bitumes et des comburants (livraisons à domicile des particuliers en fuel domestique et en GPL, ravitaillement des stations services, etc.).

Le risque est surtout localisé sur les principales routes territoriales en traversée d’agglomération et en saison estivale.

Le transport maritime

Tanker en baie d’Ajaccio
ODDC, G.Winterstein 

La Corse est située sur le trajet des navires reliant entre eux des ports de commerce de grande importance. Aussi, ses côtes sont susceptibles d’être touchées par des pollutions d’origine marine (hydrocarbures issus des dégazages particulièrement sur l’est de l’île, contenus des soutes des navires lors d’accidents ou arrivée de macro-déchets). 

Pour éviter les rejets illicites, une surveillance aérienne est menée par les moyens de l’action de l’État en mer sous l’égide du préfet maritime. En cas de pollution importante, les dispositifs spécifiques Orsec (Organisation de la réponse de sécurité civile) départementaux Polmar (Pollution marine) et Orsec maritime Polmar montent en puissance dans les préfectures. Des exercices sont réalisés régulièrement et les dispositions spécifiques sont réactualisées. Une identification des sites les plus sensibles du point de vue environnemental et économique a été réalisée pour orienter le choix des secteurs à protéger en priorité.

Dans le cadre de la mise à jour du volet relatif aux stockages intermédiaires pour déchets des plans Polmar 2A et 2B, la DREAL a engagé, en 2015, la réactualisation de l’inventaire des zones favorables à l’implantation de sites de stockages intermédiaires pour déchets pollués par hydrocarbures de 2006. L’objectif est de présenter huit sites intermédiaires et quatre sites lourds répartis stratégiquement sur la région. En 2006, plus de cinquante sites avaient été identifiés sans avoir plus d’information sur les travaux à réaliser, les servitudes à engager le cas échéant… Cette nouvelle étude le prévoit. L’identification des sites s’est achevée en 2016 et chacun d’eux doit faire l’objet d’investigations complémentaires de terrain en prenant en compte le positionnement des propriétaires des terrains concernés. Les terrains appartenant à l’État ou aux collectivités sont privilégiés. La réactualisation des plans Polmar Terre devrait intervenir en 2017.

Les principaux ports de l’île reçoivent les cargaisons destinées aux dépôts pétroliers de gaz et aux centrales thermiques. Le trafic maritime touristique et plaisancier en haute saison estivale augmente ce risque.

Le suivi des pollutions en mer et l’évaluation des effets sur les organismes nécessitent la mise en place de réseaux de surveillance. Ces réseaux doivent permettre d’évaluer les tendances et favoriser la mise en oeuvre de mesures. De même, les connaissances concernant la circulation sont nécessaires afin de promouvoir le développement d’outils de prévisions concernant le devenir des pollutions accidentelles.

Les navires transportant des matières dangereuses peuvent représenter une menace pour l’ensemble des côtes de Corse même si l’essentiel du trafic maritime international concerne le canal de Corse et les Bouches de Bonifacio.

Emprunté par une route maritime secondaire, le détroit de Bonifacio représente un passage particulièrement dangereux pour la navigation du fait de sa faible largeur (sept milles nautiques), de la présence de nombreux îlots et hauts fonds et des conditions météorologiques souvent défavorables. L’Organisation maritime internationale (OMI) a adopté, le 4 novembre 1993, une résolution qui recommande à chacun de ses États membres d’interdire à ses pétroliers et à ses chimiquiers le transit dans le détroit de Bonifacio. En application de cette résolution, la France et l’Italie ont interdit le passage aux navires transporteurs de matières dangereuses battant leurs pavillons respectifs ou effectuant un transport de telles matières entre ports des deux États, quel que soit leur pavillon. Le classement du détroit en zone maritime particulièrement vulnérable a été accepté par l’OMI en juillet 2011 et un pilotage hauturier recommandé destiné aux navires transitant par le détroit et ayant à leur bord des marchandises dangereuses a été mis en place.

Pour le canal de Corse (entre l’Italie et la Haute- Corse), le comité de sécurité maritime de l’OMI a aussi approuvé en mai 2016 des mesures d’organisation du trafic maritime basées sur un dispositif de séparation du trafic et d’une zone de navigation côtière de cinq milles nautiques à partir des côtes corses (9 km) qui permettra d’éloigner les cargos au large de la côte dans le dispositif de séparation du trafic, tout en préservant le trafic maritime local en direction ou en provenance du port de Bastia. Ces mesures ont pris effet le 20 novembre 2016.

Le transport par canalisations

En matière de canalisations on dénombre huit canalisations de transport, dont quatre canalisations sous-marine (sealines), transportant des hydrocarbures liquides ou de gaz liquéfiés totalisant environ une trentaine de kilomètres. Dans le cadre du projet Cyrénée visant à l’alimentation en gaz naturel des centrales électriques de Corse un projet de gazoduc terrestre de plus de 200 km est prévu reliant Bastia à Ajaccio à l’horizon 2023.

En 2015, ont été pris trois arrêtés préfectoraux de mise en place de servitudes pour les canalisations DPLC 2A et 2B ainsi que Butagaz (2B). En 2017 se poursuivra la mise en oeuvre des servitudes fixant les contraintes en matière d’urbanisme pour les cinq canalisations insulaires restantes. Ces dernières devront notamment être adaptées au modèle national (pour les huit canalisations) prévu par le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer.  

Le risque nucléaire

La Corse ne dispose pas d’installations nucléaires. Il n’existe aucun réseau de surveillance régional en matière de radioactivité. Le réseau national d’alerte Teleray, consacré à la protection sanitaire des populations et à l’information sur la radioactivité, comporte néanmoins deux stations de mesure implantées à Ajaccio et Bastia. Par ailleurs des analyses sont régulièrement pratiquées à partir de prélèvements de lait et d’eau de mer effectués par la Direction de la santé et des prélèvements de poussières effectués par Météo France.

 

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