Promotion et intégration du développement durable


Les ressources en eau

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La prise de conscience de l’évolution du climat laisse entrevoir une aggravation des risques de sécheresse et d’inondation avec les effets probables suivants : fréquence pluviométrique moindre mais avec une intensité plus forte, élévation de température et une rehausse du niveau de la mer. Le changement climatique vient désormais renforcer les préoccupations relatives au développement économique de l’île (tourisme, agriculture, production énergétique, etc.) et à la préservation du bon fonctionnement des milieux.  

 

Gérer durablement la ressource en eau face au changement climatique

Afin de gérer durablement la ressource, de prévenir les conflits d’usage et de ne pas accentuer les périodes de basses eaux voire d’assec mettant à mal les écosystèmes aquatiques, le SDAGE 2016-2021 prévoit la mise en place de points stratégiques de suivi quantitatif.

Les eaux souterraines

Les aquifères compartimentés et fissurés du socle granitique et métamorphique sont exploités par sources ou forages. Ressource principale, très diffuse, des communes de l’intérieur de l’île, ils représentent environ 28 % des prélèvements pour l’alimentation en eau potable. Leur mobilisation reste difficile, en raison de contraintes techniques importantes qui ne peuvent pas toujours être surmontées. Des études sont en cours pour mieux connaître la ressource dans les formations métamorphiques. La nature géochimique des formations granitiques et métamorphiques entraîne des problèmes ponctuels de contamination naturelle (arsenic, fer, manganèse, antimoine, fluor notamment), ainsi que d’agressivité et de dureté.

Les autres aquifères de type sédimentaire concernent notamment Bonifacio et, surtout, la nappe du miocène de la plaine orientale. Encore très peu connue, cette nappe peut représenter, à terme, un potentiel important pour les collectivités utilisatrices et pour les exploitations agricoles isolées.

Ressource facilement accessible, peu substituable, c’est aussi une ressource fragile, en raison des risques d’intrusions salines pour les nappes à proximité du littoral et d’une protection de surface quasi-inexistante. 93 % des masses d’eau souterraine sont en bon état quantitatif. Toutefois les prélèvements superficiels et/ou souterrains pourraient être perturbés par le changement climatique.  

Les eaux superficielles à partager entre les usages et les besoins du milieu naturel

 

Le SDAGE de Corse 2016-2021 retient deux objectifs principaux : d’une part, se donner une vision des différents besoins partagés entre tous les acteurs avec l’acquisition de données actualisées et fiables sur le fonctionnement des milieux et les besoins de prélèvement et d’autre part, élaborer et mettre en oeuvre des règles de gestion pour restaurer ou maintenir l’équilibre. Ces objectifs doivent permettre d’assurer l’équilibre quantitatif de la ressource en eau en anticipant les conséquences des évolutions climatiques et des besoins de développement d’équipements. Le SDAGE incite entre autres, tous les acteurs à mettre en oeuvre des pratiques plus économes en eau. La réutilisation de l’eau épurée pour l’irrigation, entreprise dans la commune de Bonifacio, en est un exemple.

Les principaux usages

Les principaux prélèvements en eau et barrages

Les eaux souterraines
Source : BRGM

 

Les prélèvements sont majoritairement (de l’ordre de 65 %) effectués dans les eaux superficielles. Les origines sont toutefois très variables en fonction des usages puisque si l’alimentation en eau potable prélève des volumes quasi équivalents entre les eaux souterraines et superficielles, les prélèvements agricoles s’effectuent quasi-exclusivement dans ces dernières. Ces deux usages se partagent la quasi-totalité de la ressource, l’usage industriel s’avérant marginal en termes de volumes prélevés (1,2 %).

Les prélèvements sont concentrés puisque vingt prélèvements (seize dans les eaux superficielles et quatre dans les eaux souterraines soit 6 % du nombre total des prélèvements) représentent 80 % des volumes prélevés. Globalement ce sont un peu plus de 100 millions de m3 qui sont prélevés par an en Corse.

D’une manière générale, la connaissance des prélèvements est une composante essentielle pour mieux apprécier les pressions. À ce titre, l’État a lancé la mise en oeuvre d’une Banque nationale des prélèvements en eau (BNPE). Ce projet concerne tous les volumes prélevés sur la ressource en eau (eaux de surface terrestres superficielles et souterraines et eaux de transition) et l’ensemble des usages (eau potable, industrie, agriculture, domestique…). Concernant les prélèvements domestiques dans les eaux souterraines (forages), le bassin de Corse dispose encore de peu de données et cela bien que tout particulier utilisant ou souhaitant réaliser un ouvrage de prélèvement d’eau souterraine à des fins d’usage domestique (inférieur ou égal à 1.000 m3 d’eau par an) soit tenu de déclarer cet ouvrage en mairie.

Le rendement des réseaux d’eau potable a progressé ces dix dernières années même s’il reste encore insuffisant (52,8 % brut en 2014). La plupart des collectivités ont élaboré un premier diagnostic de leurs infrastructures d’eau potable permettant notamment d’identifier les fuites et pertes d’eau et d’établir un programme de travaux nécessaires pour améliorer ce rendement. De nombreux projets de remise à niveau d’ouvrages vétustes et/ou de renouvellement de réseaux d’eau potable ont ainsi été mis en oeuvre, conduisant à une réduction des fuites de l’ordre de 200.000 m3/an.

Le décret du 27 janvier 2012 sur la gestion patrimoniale de ces réseaux prévoit l’établissement d’un programme pluriannuel de travaux d’amélioration lorsque les pertes en eau sont trop importantes et que le seuil de rendement fixé n’est pas atteint (65 % à 85 %).

Sur 205 déclarations auprès de l’agence de l’eau fin 2015 (source Agence de l’eau RMC), seuls 65 réseaux ont atteint leur seuil de rendement réglementaire. Ils desservent les agglomérations littorales, la communauté d’agglomération du Pays ajaccien et la communauté d’agglomération de Bastia ainsi que quelques communes rurales.  

L’eau potable

La Corse compte environ 320.000 habitants principalement localisés dans les agglomérations ajaccienne et bastiaise et à proximité du littoral. La fréquentation touristique conduit à doubler la population de l’île pendant une dizaine de jour au pic de la saison (août) et multiplie la population de certaines micro-régions par dix pendant la saison estivale.

La Corse se caractérise aussi par un grand nombre de captages eu égard à la population de l’île. Fin 2015, sur les 1.177 captages, seuls 63 % bénéficient d’une déclaration d’utilité publique, représentant 77 % des volumes prélevés (Source : ARS).

En matière de qualité sanitaire de l’eau potable, compte tenu de la faible pression anthropique, il n’est pas constaté de problèmes significatifs liés à la présence de nitrates, phosphates ou pesticides. A contrario, les efforts se concentrent sur l’amélioration de la qualité bactériologique de l’eau. En 2015, 90 % de la population bénéficie d’une eau de bonne qualité après traitement, mais il sera difficile pour les petites collectivités restantes de répondre aux exigences sanitaires. Ponctuellement, la présence de métaux lourds dans certaines zones géologiques de Haute-Corse contamine certaines ressources en eau et les rendent impropres à la consommation par les collectivités. Enfin, la problématique relative au plomb des conduites est assez bien cernée : actions visant à repérer les secteurs à risque, mesure de la concentration au robinet des usagers relevant du programme de contrôle réglementaire.

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