Promotion et intégration du développement durable


Les ressources en eau

Millesime du document : 2012


 

 

La prise de conscience de l’évolution du climat laisse entrevoir une aggravation des risques de sécheresse et d’inondation avec les effets probables suivants : fréquence pluviométrique moindre mais avec une intensité plus forte, élévation de température et une rehausse du niveau de la mer.

Le changement climatique vient désormais renforcer les préoccupations relatives au développement économique de l’île (tourisme, agriculture, production énergétique, etc.) et à la préservation du bon fonctionnement des milieux.

 

 

Gérer durablement la ressource en eau face au changement climatique

Le SDAGE 2010-2015 identifie des bassins versants (Corse-du-Sud: Gravona ; Haute-Corse Bevinco, Fango, Figarella, Reginu, Tagnone) avec un risque de déséquilibre quantitatif chronique ou présentant des tensions importantes sur la ressource (Corse-du-Sud : Baracci, Cavu, Osu, Taravo, Rizzanese; Haute-Corse: Aliso, Fium Albino, Fium Orbu, Golo, Luri, Poggiolo, Restonica, Tagnone, Tavignano). Il en ressort des risques de voir apparaître des conflits d’usage et d’accentuer les périodes de basses eaux voire d’assec, périodes qui mettent à mal les écosystèmes aquatiques.

Les eaux souterraines

Les eaux souterraines exploitées en Corse ressortent de deux grands types d’aquifères très différents.

Création d'un nouveau forage au Liamone

Les aquifères alluviaux, nombreux (une quarantaine) couvrent environ 25 % des besoins pour l’alimentation en eau potable. Situés dans les parties basses des vallées, en relation avec la mer et les rivières qui, pour certaines, s’assèchent l’été, ils sont sensibles aux intrusions d’eau salée.

Les aquifères compartimentés et fissurés du socle granitique et métamorphique sont exploités par sources ou forages. Ressource principale, très diffuse, des communes de l’intérieur de l’île, ils représentent environ 28 % des prélèvements pour l’alimentation en eau potable. Leur mobilisation reste difficile, en raison de contraintes techniques importantes qui ne peuvent pas toujours être surmontées. Des études sont en cours pour mieux connaître les ressources (aquifères) qui participent aux soutiens d’étiage. La nature géochimique des formations granitique et métamorphique entraîne des problèmes ponctuels de contamination naturelle (arsenic, fer, manganèse, antimoine, fluor notamment), ainsi que d’agressivité et de dureté.

Les autres aquifères de type sédimentaire concernent notamment Bonifacio et, surtout, la nappe du miocène de la plaine orientale. Encore très peu connue, cette nappe peut représenter, à terme, un potentiel important pour les collectivités utilisatrices et pour les exploitations agricoles isolées. Ressource facilement accessible, peu substituable, c’est aussi une ressource fragile, en raison des risques d’invasion par le biseau salé pour les nappes à proximité du littoral et d’une protection de surface quasi-inexistante.

L’ensemble des masses d’eau souterraines est en bon état quantitatif. Toutefois les prélèvements superficiels et/ou souterrains pourraient être perturbés par le changement climatique.

Les eaux superficielles à partager entre les usages et les besoins du milieu naturel

Le SDAGE de Corse 2010-2015 retient deux objectifs principaux : d’une part, se donner une vision des différents besoins partagés entre tous les acteurs avec l’acquisition de données actualisées et fiables sur le fonctionnement des milieux et les besoins de prélèvement et d’autre part, élaborer et mettre en œuvre des règles de gestion pour restaurer ou maintenir l’équilibre. Ces objectifs doivent permettre d’assurer l’équilibre quantitatif de la ressource en eau en anticipant les conséquences des évolutions climatiques et des besoins de développement d’équipements.

Les principaux usages

Les prélèvements en eau


Les prélèvements sont majoritairement (de l’ordre de 65 %) effectués dans les eaux superficielles. Les origines sont toutefois très variables en fonction des usages puisque si l’alimentation en eau potable prélève des volumes quasi équivalents entre les eaux souterraines et superficielles, les prélèvements agricoles s’effectuent quasi-exclusivement dans ces dernières.

Ces deux usages se partagent la quasi-totalité de la ressource, l’usage industriel s’avérant marginal en termes de volumes prélevés (1,2 %).
Les prélèvements sont concentrés puisque vingt prélèvements (seize en eaux superficielles et quatre en eaux souterraines, 6 % du nombre total des prélèvements) représentent 80 % des volumes prélevés.

Globalement ce sont un peu plus de 100 millions de m3 qui sont prélevés en Corse.

D’une manière générale, la connaissance des prélèvements est une composante essentielle pour mieux apprécier les pressions. À ce titre, l’État a lancé la mise en œuvre d’une banque nationale des prélèvements en eau (BNPE). Ce projet concerne tous les volumes prélevés sur la ressource en eau (eaux de surface terrestres superficielles et souterraines et les eaux de transition) et l’ensemble des usages (eau potable, industrie, agriculture, domestique,. etc.). Concernant les prélèvements domestiques dans les eaux souterraines (forages), le bassin de Corse dispose encore de peu de données et cela bien que tout particulier utilisant ou souhaitant réaliser un ouvrage de prélèvement d’eau souterraine à des fins d’usage domestique (inférieur ou égal à 1 000 m3 d’eau) soit tenu de déclarer cet ouvrage en mairie.

Enfin, en raison de la vétusté de nombreux réseaux d’adduction et de distribution et malgré les efforts entrepris, l’analyse des rendements des réseaux laisse entrevoir des fuites d’eau significatives pouvant aller jusqu’à 80% de pertes. En Corse, l’enjeu est de taille pour améliorer le rendement des réseaux. Aussi, avec la loi « Grenelle 2 », d’ici fin 2013, les collectivités doivent établir un inventaire de leurs réseaux d’eau potable et définir un plan d’actions d’amélioration si le rendement est inférieur au seuil fixé par le décret (85 % pour les collectivités urbaines et entre 65 et 80 % pour les collectivités rurales).

L’eau potable

La Corse compte environ 306 000 habitants principalement localisés dans les agglomérations ajaccienne et bastiaise et à proximité du littoral. La fréquentation touristique conduit à doubler la population de l’île pendant une dizaine de jour au pic de la saison (août) et multiplie la population de certaines micro-régions par dix pendant la saison estivale.

La Corse se caractérise aussi par un grand nombre de captages eu égard à la population de l’île. Fin 2011, seuls 53 % d’entre eux bénéficiaient d’une déclaration d’utilité publique.

Un objectif de 65 % de captages protégés est fixé pour 2013. Cette régularisation concerne 89 % des volumes prélevés.

Usine de traitement de l'eau au barrage de Codole

En matière de qualité sanitaire de l’eau potable, compte tenu de la faible pression anthropique, il n’est pas constaté de problèmes significatifs liés à la présence de nitrates, phosphates ou pesticides. A contrario, les efforts se concentrent sur l’amélioration de la qualité bactériologique de l’eau. En 2011, 88 % de la population bénéficie d’une eau de bonne qualité mais il sera difficile pour les petites collectivités restantes de répondre aux exigences sanitaires. Ponctuellement, la présence de métaux lourds dans certaines zones géologiques de Haute-Corse contamine certaines ressources en eau et les rendent impropres à la consommation par les collectivités. Enfin, la problématique relative au plomb des conduites est relativement bien cernée : actions visant à repérer les secteurs à risque, mesure de la concentration au robinet des usagers relevant du programme de contrôle réglementaire.

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