Promotion et intégration du développement durable


La typologie simplifiée des milieux

Veuillez choisir le millésime de ce document :

Évolution de l’occupation du sol entre 2006 et 2012
Méthodologie Corine Land Cover 2012.

Les « milieux naturels » de Corse se caractérisent par leur grande diversité. La grande variabilité de sol, d’altitude, d’exposition, de degré d’humidité crée une mosaïque de milieux, plus ou moins enchevêtrés, superposés, variant en fonction de l’historique des terrains et des contraintes liées aux conditions géographiques et altitudinales.

L’action de l’homme contribue également de façon importante à cette diversité. En effet, les milieux terrestres qualifiés de naturels sont issus d’activités anthropiques, principalement d’origine agropastorale qui se sont exercées depuis les vingt derniers siècles.

Les habitats se répartissent en fonction des espèces qui les constituent selon un gradient altitudinal allant du littoral à l’étage alpin [schéma ci-dessous]. 

Le graphique ci-contre illustre les principales tendances d’évolution des milieux naturels en prenant en compte la typologie de référence retenue dans le cadre du programme européen Corine Land Cover d’analyse spatiale de l’occupation des sols à partir d’images satellitaires. 

Les milieux représentent des ensembles plus vastes que les habitats, ils en constituent en quelque sorte le niveau générique. Formant des ensembles homogènes, ils se distinguent facilement dans le paysage et permettent une description synthétique de l’espace mettant en évidence les interactions anthropiques.

 

 

 

Le milieu montagnard

La répartition des milieux naturels
Source : Corine Land Cover 2012

Le milieu montagnard de la région présente une très grande diversité d’habitats naturels : forêts de feuillus, forêts de conifères, landes oro-méditérranéennes et pelouses, pozzines, lacs, torrents et milieux associés, zones rocheuses.

Les paysages montagnards ont depuis longtemps été façonnés par les pratiques culturales et pastorales. La régression de ces pratiques laisse à penser que les surfaces boisées (forêts ou maquis hauts) continueront de progresser au cours des prochaines décennies, essentiellement par dynamique naturelle. Compte tenu des pentes et des caractéristiques des zones concernées, la fermeture des paysages ne semble pas représenter un risque de même nature que dans certaines régions de France ; elle peut même dans certains cas constituer un atout pour limiter l’érosion et les crues. Mais cette tendance peut néanmoins se révéler localement préoccupante à différents points de vue : 

  • sur le plan économique: accélération de la désertification, perte de potentialité touristique;
  • sur le plan écologique: régression de certaines espèces liées aux milieux ouverts, au pastoralisme (gypaète, plantes alticoles des milieux ouverts, etc.)
  • sur le plan des risques naturels: augmentation de la sensibilité au feu, biomasse inflammable et disparition des discontinuités ;
  • sur le plan social: dégradation et fermeture paysagère, diminution de l’accessibilité et de l’appropriation par le grand public, disparition du tissu social de proximité (disparition de la société pastorale et agraire).

Dans ces conditions, et pour certains espaces sensibles qui correspondent le plus souvent à d’anciens terrains agricoles (châtaigneraies, pâturages, estives, etc.) abandonnés aux essences forestières, l’intérêt d’une politique volontariste de reconquête ou d’entretien apparaît évident, même si elle ne peut pas s’envisager que sur de simples critères écologiques. Néanmoins la reconquête arbustive et arborescente et le retour vers le climax ont des avantages dans la lutte contre l’érosion, la stabilité des biotopes pour les espèces forestières dont l’endémique sittelle corse ou certains amphibiens.

 

 

Panorama depuis Capu d’Ortu (Piana)
DREAL-SBEP B.Recorbet

 

 

 

La forêt et le maquis

La forêt

Typiquement méditerranéennes en bordure de mer et à basse altitude, avec une prédominance des essences feuillues sempervirentes et sclérophylles, en particulier le chêne vert, les forêts acquièrent un caractère montagnard au-dessus de 1.000 m, domaine du pin laricio et du hêtre puis à l’étage sub-alpin des aulnes nains.

La conjonction de l’insularité, du climat, du relief et de la géologie leur confère une grande diversité biologique et écologique (sittelle corse, bec croisé des sapins, plusieurs espèces de chauves souris). On y rencontre un gradient important d’écosystèmes avec des cortèges floristiques allant des espèces thermo-méditerranéennes aux espèces alpines et qui se traduit dans la variété des types de formations végétales: futaies résineuses d’altitude à pin laricio, forêts feuillues de montagne (hêtraies, châtaigneraies), forêts résineuses de plaine ou de basse colline à pin maritime, yeuseraies de plaine et de moyenne montagne souvent établies sur d’anciens terrains agricoles, suberaies, ripisylves, continues en amont et discontinues car dégradées dans les basses vallées alluviales, etc. Le réchauffement climatique selon les scenarii plus ou moins pessimistes aura de toute façon des conséquences à tous les étages de végétation en fragilisant les stations (hêtres, sapins, pin laricio, chêne vert et liège).

Le maquis

Le terme générique de « maquis » désigne des formations végétales arbustives plus ou moins élevées, à feuilles dures et persistantes, caractéristiques des régions à climat méditerranéen dont la hauteur peut varier de 0,5 à 7 m selon le stade de dégradation. En Corse, les maquis couvrent des surfaces importantes aux étages thermo et mésoméditerranéen, plus réduites à l’étage supraméditerranéen.

On distingue cinq types de maquis en fonction de la composition floristique et de la taille de la végétation.
Les maquis correspondent aux stades de succession, c’est-à-dire de reconstitution de la végétation, après divers impacts (incendies, coupes de bois, abandon de surfaces cultivées, etc.).

Ils sont animés de dynamiques progressives (en général lors du recul de la présence humaine, des maquis vers les milieux forestiers) ou régressives (des forêts vers des formations plus basses, souvent sous l’action de l’homme : mise en culture, incendies, surpâturage).

Dans sa forme la plus dégradée, le maquis est composé d’étendues quasi mono-spécifiques à ciste de Montpellier. À un stade âgé, le maquis forestier s’apparente à de la forêt où l’arbousier, la bruyère arborescente et le chêne vert dominent en beaux peuplements. Ce dernier stade est beaucoup moins inflammable. Les surfaces de ces différents maquis évoluent positivement avec le recul de l’élevage depuis une centaine d’années.

Le constat fait pour le milieu montagnard vaut pour le maquis, en particulier pour la protection des sols, l’écoulement des eaux et également pour les risques décuplés d’incendies du fait de l’augmentation spectaculaire de la biomasse très inflammable du maquis.  

Un des bénéfices attendus est l’augmentation notable des cubages exploitables pour le bois de chauffage, très recherché.

La biodiversité sans être affectée gravement, subit depuis une cinquantaine d’années des modifications quantitatives importantes (effectifs et biomasse des espèces forestières en hausse forte). Sur un plan social, les maquis hauts forestiers, souvent impénétrables, constituent des espaces à faible appropriation sociale et ludique, si ce n’est l’activité cynégétique (chasse au sanglier).    

Page: 1/4 - Page Suivante
  • _BACKTO

Espace privé

La Lettre