Promotion et intégration du développement durable


Les risques industriels et technologiques

Millesime du document : 2012

Sites « Seveso » et PPRT


Principalement pour les besoins énergétiques de la Corse, huit sites industriels à risques technologiques majeurs, dits « Seveso » au regard de la directive européenne du même nom, sont implantés sur les communes d’Ajaccio, de Bastia, de Lucciana et de Morosaglia (hameau de Ponte Leccia) :

  • quatre dépôts de gaz de pétrole liquéfiés : Gaz de France à Bastia-Sud et à Ajaccio-Loretto, Butagaz à Lucciana, Antargaz à Ajaccio-Ricanto;
  • deux dépôts d’hydrocarbures liquides exploités par la société des Dépôts pétroliers de la Corse à Ajaccio et à Lucciana ;
  • un dépôt d’explosifs exploité par la société Corse Expansifs à Morosaglia (hameau de Ponte Leccia) ;
  • un dépôt d’hydrocarbures liquides exploité par la société EDF-SEI dans sa centrale thermique de production d’électricité de Lucciana.

Centrale thermique du Vazzio à Ajaccio

 

L’insularité implique la présence minimale des dépôts pétroliers et de gaz liquéfiés, afin d’assurer une alimentation de l’île en énergie (carburants, gaz de ville) pour assurer le maintien de l’activité économique en toutes circonstances.

La loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages impose l’élaboration de plans de prévention des risques technologiques (PPRT) pour tous les établissements classés « AS » (autorisation avec servitudes) suivant la nomenclature des installations classées. Sur les huit dépôts précités, sept sont concernés (seul le dépôt d’hydrocarbures d’EDF-SEI de Lucciana n’y est pas soumis).

Ces plans ont pour objet de limiter les effets d’accidents susceptibles de survenir dans les installations à risque industriel majeur, pouvant entraîner des effets sur la salubrité, la santé et la sécurité publiques, directement ou par pollution du milieu.

Chacun de ces PPRT délimite un périmètre d’exposition aux risques en tenant compte de la nature et de l’intensité des risques technologiques décrits dans les études de dangers et des mesures de prévention mises en œuvre.

Leur objectif est de résoudre les situations difficiles héritées, en matière d’urbanisme, du passé et de mieux encadrer l’urbanisation future autour des établissements « Seveso » à haut risque.

Ces sept PPRT étaient en cours d’élaboration à la fin 2012.

Le risque de rupture d’ouvrage hydraulique

Début 2013, la Corse compte 34 barrages, classés en quatre classes (A, B, C, D) en fonction de leur hauteur et du volume d’eau retenu. Ils se répartissent comme suit :

  • 8 ouvrages hydroélectriques concédés à EDF dont cinq de hauteur supérieure à vingt mètres (classe A) ;
  • 26 ouvrages autorisés ou déclarés au titre de la loi sur l’eau, et dont la vocation est l’irrigation ou l’alimentation en eau potable ou agricole (sept de plus de vingt mètres).

La menace due à de telles constructions est une rupture de l’ouvrage avec inondation brutale en aval, comparable à un raz-de-marée, et précédée d’un déferlement, « l’onde de submersion ».

La probabilité de rupture d’un barrage est extrêmement faible. Les barrages en béton doivent résister à une crue de fréquence millénale et les barrages en remblai à une crue de fréquence déca millénale. Ils sont également conçus pour offrir une bonne résistance aux évènements sismiques.

Cependant afin de minimiser le risque, les barrages font l’objet d’un suivi régulier par les exploitants, notamment par la réalisation de visites périodiques, de rapports de surveillance et d’auscultation, de revues de sûreté décennales. La DREAL s’assure de l’efficacité du contrôle réalisé par les maîtres d’ouvrages, et instruit les études de dangers qui déterminent les risques présentés par les installations et les moyens de prévention à mettre en place pour en minimiser la probabilité et les conséquences. En particulier, une revue de sûreté décennale, qui peut nécessiter la réalisation d’une vidange afin de procéder à un examen approfondi des parties habituellement immergées, est exigée pour les barrages de classe A.

L’examen technique complet du barrage de Tolla, réalisé en 2011 a confirmé que cet ouvrage était dans un bon état général, mais que certains travaux de sécurisation devraient être réalisés au plus tard en 2014. Puisqu’ils nécessiteront une vidange complète, ces travaux seront susceptibles de perturber l’alimentation en eau de l’agglomération d’Ajaccio, assurée par la Communauté d’agglomération du pays ajaccien (CAPA), ainsi que celle de la rive sud du golfe d’Ajaccio, assurée par l’Office d’équipement hydraulique de la Corse (OEHC). La mise en place de moyens de substitution pour l’alimentation en eau doit donc être réalisée afin que la vidange puisse être menée en 2014 sans perturber la continuité de la fourniture de l’eau aux usagers.

Les deux ouvrages les plus importants (Tolla et Calacuccia) sont également soumis à l’obligation d’un plan particulier d’intervention (PPI) visant à définir les modalités d’intervention et de secours pour les populations à l’aval en cas de risque de sinistre. Ces deux PPI restent à finaliser. Les deux ouvrages disposent néammoins actuellement de plans d’alerte qui fixent les modalités de diffusion de l’alerte en fonction de la cote qui serait atteinte par l’eau dans la retenue, et susceptible de présenter un risque pour la tenue de l’ouvrage.

Le recensement et l’état des lieux des digues de protection contre les inondations présentes en Corse reste à finaliser. À ce jour une quinzaine ont été dénombrées : il s’agit principalement de digues en bordures de rivières (Gravona, Cavo, Oso, Golo, etc.). Leur classement en fonction de leur hauteur et de la population qu’elles doivent protéger reste à valider. Toutefois il apparaît qu’elles relèvent pour la plupart de la classe C, ce qui correspond à des risques limités en terme de population exposée (nombre d’habitants inférieur à 1 000 personnes).

Le risque lié au transport de matières dangereuses (TMD)

Examen technique complet lié à la revue de sécurité

du barrage de Tolla

Le risque de transport de matières dangereuses, ou risque TMD, est consécutif à un accident se produisant lors du transport de ces matières par voie routière, ferroviaire, voie d’eau ou canalisation.

Une matière dangereuse est une matière ou un objet qui, par ses caractéristiques physico-chimiques (toxicité, réactivité, etc.) peut présenter des risques pour l’homme, les biens et/ou l’environnement. Tous les jours, une grande variété de matières dangereuses, dont la majeure partie (80 %) est destinée à des usages industriels, est transportée dans le monde. Ces matières peuvent être transportées sous forme liquide (comme le chlore, le propane ou la soude..) ou solide (comme les explosifs ou le nitrate d’ammonium). Ces substances ont souvent une concentration et une agressivité supérieures à celles des usages domestiques.
Les canalisations sont reconnues comme étant le moyen le plus sûr et le plus économique de transport des matières dangereuses.

Un incendie, un dégagement de nuage toxique, une explosion, une pollution du sol et/ou des eaux constituent les principales conséquences engendrées par un accident lors du transport de matières dangereuses.

Le transport routier

En raison du trafic routier assez important sur certains tronçons et de l’accroissement important du parc automobile en saison estivale, le risque d’accident est avéré.

Néanmoins la Corse ne possédant pas d’industrie chimique, la nature des produits transportés se résume principalement à des hydrocarbures liquides ou liquéfiés, des huiles et bitumes et des comburants (livraisons à domicile des particuliers en fuel domestique et en GPL, ravitaillement des stations services, etc.).

Le risque est surtout localisé sur les principales routes nationales en traversée d’agglomération et en saison estivale.

Le transport ferroviaire

Le transport de matières par voie de chemin de fer reste très limité. Néanmoins, d’importants travaux de remise à niveau du réseau sont entrepris par l’État et la Collectivité territoriale de Corse, ce qui pourrait favoriser un développement du trafic ferroviaire de marchandises dans les prochaines années.

Voir le chapitre "Les déplacements".

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