Promotion et intégration du développement durable


Les ressources forestières

Millesime du document : 2012


Les formations forestières occupent plus de la moitié du territoire insulaire, soit 480 000 ha ± 29 000. Le taux moyen de boisement de 55 %, classe la Corse comme la région de métropole, et aussi l’île de Méditerranée, la plus boisée. Largement supérieur à celui de la France continentale (29 %), il est, en partie, dû au maquis arborescent (arbousier) qui, en l’absence d’intervention humaine et en dépit du feu, évolue progressivement vers des forêts fermées de production et contribue ainsi à une augmentation régulière de la surface forestière.

La couverture sylvestre est très diverse : le taux de boisement par petite région forestière varie dans une proportion de 1 à 2 (32 % en Balagne, 64 % en Castagniccia), en fonction notamment de l’importance des activités humaines anciennes (défrichements agricoles) et de la fréquence des incendies.

La conjonction de l’insularité, du climat, de la géologie et du relief confère aux forêts de Corse une grande diversité biologique et écologique. Typiquement méditerranéennes sur le littoral et à basse altitude, avec une prédominance des essences feuillues, elles acquièrent un caractère alpin dans les étages montagnards, royaume des résineux.

La forêt corse est majoritairement privée (77 % de la superficie boisée) et composée d’essences feuillues, dont les plus représentatives sont le chêne vert, le chêne-liège et le châtaignier. La forêt publique, relevant du régime forestier (territoriale et communale), présente sur les 23 % restants et pour sa majeure partie en moyenne et haute montagne, concentre l’essentiel de la ressource résineuse en pin laricio (86 %) et en pin maritime (56 %), sans oublier le hêtre (74 %).

Contrairement aux résineux qui se rencontrent exclusivement en futaie, les feuillus se retrouvent dans l’ensemble des types de peuplements forestiers et plus particulièrement le taillis.

Les formations boisées de production, au sens de l’IFN, représentent 400 000 ha (± 29 000) de la surface forestière insulaire.


La forêt corse voit sa mise en valeur handicapée par la topographie, la dispersion des peuplements productifs et le morcellement de la propriété en forêt privée. L’exploitabilité, telle que définie par l’IFN, est la plus faible des régions de métropole (trois fois inférieure à la moyenne pour la classe « facile »). Aussi, les volumes exploités ne représentent-ils qu’une faible part de la production biologique et les volumes sur pied s’accroissent de façon régulière.

La récolte de bois d’œuvre, résineux pour l’essentiel, est réalisée à 90 % dans les forêts territoriales et les forêts communales soumises au régime forestier. Compte tenu de la situation des peuplements, de leurs caractéristiques intrinsèques et de leur exploitabilité, ceci correspond, en l’état des aménagements, à environ 30 000 m3/an.

Sur la période 2013-2020, le volume prévisionnel annuel théorique disponible, pour les forêts déjà aménagées, serait de l’ordre de 65 000 m3 toutes essences et qualités confondues. La forêt privée, quant à elle, encore peu gérée et mal desservie, produit surtout du bois de feu et du liège.

La production annuelle de bois de chauffage en forêt privée est évaluée par l’Office de développement agricole et rural de la Corse à 50 000 m3 (dont 15 000 m3 exportés vers la Sardaigne) et la production de liège à 5 500 m3 (soit 15 000 quintaux).

La production annuelle de bois énergie se développe sous l’égide de la société d’économie mixte « Corse Bois Énergie » et représente 14 000 m3 de bois ronds essentiellement, transformés en plaquettes forestières.

La filière bois en corse dénombre actuellement huit entreprises de scierie et moins d’une dizaine d’exploitations forestières à titre principal, soit environ une quinzaine d’entreprises.

Les effectifs amont et aval de ce secteur d’activité, ressortis de la dernière Enquête annuelle de branche réalisée en 2004 par le Service régional de la statistique agricole, sont de 150 salariés répartis par branche d’activité comme suit :

 

  Activités Nb.
  Non salariés 6
 Amont Sylviculture 0
  Exploitation forestière 30
 Aval Scierie 48
  Rabotage, ponçage et imprégnation 4
  Autres (dont activité de négoce) 62

 

Souvent abandonnées en raison de la déprise rurale et de l’évolution des habitudes alimentaires, les formations arborées traditionnelles – châtaigneraie (21 000 ha) et oliveraie (8 000 ha) – connaissent un certain regain d’intérêt résultant d’une demande croissante en produits agricoles et alimentaires de qualité et à forte typicité régionale (farine de châtaigne, charcuterie traditionnelle, produits transformés, etc.). Quant à la suberaie (forêt de chênes-lièges), sur laquelle reposait autrefois un secteur économique important, elle est aujourd’hui en grande partie délaissée par ses propriétaires même si sa surface augmente du fait de la dynamique naturelle. Elle est en partie menacée de dépérissement.

Mais la forêt remplit, et de façon prépondérante en Corse, d’autres fonctions essentielles : protection du milieu et des ressources naturelles, maintien de la biodiversité (la sittelle corse est strictement endémique des résineux de montagne), accueil d’activités récréatives et sportives, etc. Très présente dans le paysage, elle contribue par ailleurs à la renommée de nombreux sites (« grands cols », vallée de la Restonica, calanche de Piana, etc.).

Dans les forêts territoriales (ex-domaniales) et les autres forêts relevant du régime forestier, les conditions d’une gestion durable semblent globalement réunies, ce qui préserve la ressource future et permet d’envisager un accroissement de la récolte si les conditions d’organisation et de marché venaient à se consolider (meilleure valorisation de la ressource en bois par la mobilisation et la transformation des bois d’œuvre résineux et le développement de la filière bois énergie).

Semencier de pins maritimes à Fium'Orbo

Il n’en est pas de même dans les forêts privées en raison de l’absence de traditions sylvicoles et de différents problèmes d’ordre structurel (morcellement du foncier, carence des équipements notamment en matière de desserte, incendies, etc.) limitant fortement les possibilités de gestion. Pour autant, qu’il s’agisse des forêts de chêne vert exploitées pour le bois de feu, de la suberaie pour le liège ou de la châtaigneraie pour les piquets ou pour le bois d’œuvre, la promotion d’une mise en valeur raisonnée et respectueuse de l’environnement trouve amplement sa justification.

Le feu constitue la principale menace pesant sur le patrimoine forestier insulaire. Même si les incendies se déclenchent prioritairement dans les milieux de type maquis, il existe des risques de débordement des grands incendies vers les milieux plus forestiers.

Voir le chapitre "Les risques naturels".

Un insecte ravageur, le Matsucoccus feytaudi apparu en Corse en 1994, représente également un risque important pour les peuplements de pin maritime. Les forêts de pin maritime couvrent en Corse une surface voisine de 32 000 ha et l’on peut légitimement s’inquiéter, sachant que cette cochenille, contre laquelle il n’existe pas de méthode de lutte efficace à basse altitude, a provoqué en quelques décennies le dépérissement de la pinède des Maures et de l’Esterel.
Voir le chapitre "Les espèces". 

 

 

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