Promotion et intégration du développement durable


Les ressources agricoles

Millesime du document : 2012

L’agriculture en Corse

Le territoire corse

Une importante partie du territoire de la Corse est inexploitable par l’agriculture en raison d’une altitude trop élevée ou d’une pente trop forte.

Dans sa grande majorité, le territoire présente une pente supérieure à 15 % et des sols peu profonds, plus propices à l’élevage qu’aux grandes cultures. Viticulture, arboriculture et céréaliculture se situent donc préférentiellement dans les plaines alluviales et sur les coteaux, notamment en plaine orientale. De ce fait, près de 80 % des surfaces cultivées de l’île se trouvent en Haute-Corse.

En 2010, la superficie agricole utilisée représente 168 000 ha soit environ 19 % de la surface de la Corse. 84 % de la surface agricole utile (SAU) est déclarée en landes et parcours, 9 % en cultures permanentes (vignes et vergers), 7 % en terres arables 9. Elle est fortement corrélée à la géographie de l’île qui présente plus de 45 % du territoire sur des pentes supérieures à 30 % et seulement 11 % cultivable 10. La surface déclarée en landes et parcours ne représente pas l’ensemble de l’espace pastoral utilisé en libre parcours qui comprend aussi des parcours ligneux.

Les potentialités et les activités agricoles sont réparties sur tout le territoire :

  • en plaine, des sols profonds, mécanisables et souvent desservis par le réseau d’irrigation;
  • en coteaux, des terroirs viticoles de qualité et la préexistence de vergers traditionnels d’oliviers;
  • plus en altitude, la préexistence de vergers traditionnels de châtaigniers;
  • sur l’ensemble du territoire, des parcours naturels aux potentialités fourragères, une flore mellifère spécifique

 Occupation du sol en ha - Année 2010 INSEE

  Corse-du-Sud Haute-Corse Région France métro.
Sols bâtis  4 307  2 836 7143 848 686
Sols artificialités non bâtis  7 537 15 953 23 489  4 053 694
Sols boisés  127 223  142 332 269 555 16 999 786
Sols cultivés  5 383  18 966 24 349 18 782 881
Surfaces toujours en herbe  59 754  30 487 90 241 9 461 940
Autres  198 639  258 252 456 892 4 772 259
Total  402 843  468 826 871 669 54 919 246

Peu d’actifs pour gérer de vastes territoires ruraux

Sur les 360 communes de Corse, 333 se trouvent classées en zone de montagne ou de haute montagne. 80 % du territoire régional peut être qualifié de rural faiblement peuplé : six habitants sur dix habitent en zone urbaine.

La population agricole s’élevait quant à elle à 5 000 personnes (hors saisonniers) en 2010, dont 3 000 responsables d’exploitation, gérant 2 810 exploitations sur tout le territoire. Corrélée de manière plus générale à la diminution des acteurs du monde rural, ce nombre est en diminution de 21 % par rapport à 2000 12. Toutefois la baisse du nombre total d’exploitations reste inférieure à la baisse nationale (– 26 %).

Cela se traduit par une augmentation de la taille moyenne des exploitations : celles de plus de 100 ha ont progressé de 42 % entre 2000 et 2005, et représentent, en 2007, 59 % de la surface agricole utilisée pour un peu plus de 20 % des exploitations.


En revanche, la réduction du nombre d’exploitations s’accompagne d’une diminution de 28 % des effectifs agricoles entre 1999 et 2009, et cette diminution, loin de se faire à un rythme linéaire, est fortement impactée par le vieillissement de la population agricole.

Préoccupation majeure, la population agricole se situe dans une tranche d’âge relativement élevée, quelle que soit le type d’exploitation. Chez les plus de cinquante ans, 68 % ne connaissent pas de successeurs pour leur exploitation (jusqu’à 75 % pour les petites exploitations). Le rythme des installations aidées de jeunes agriculteurs (JA), plus élevé que dans les autres régions, atteint à peine plus de trente par an en moyenne et reste insuffisant pour maintenir la population agricole à son niveau actuel.


Par ailleurs, 48 % des exploitants et coexploitants des moyennes et grandes exploitations n’ont pas de formation agricole même si la structuration des filières favorise aujourd’hui l’attractivité du secteur agricole en direction de personnes diplômées.

L’intérieur de l’île connaît toutefois un certain renouveau lié à l’activité touristique. Un grand nombre d’agriculteurs profitent ainsi de ce regain d’intérêt en diversifiant leur offre et en proposant des nuitées en chambres d’hôtes, gîtes ruraux, etc. et/ou en pratiquant la vente directe de leurs produits. L’augmentation du nombre de fermes équestres illustre également la demande en activités de pleine nature.

Les productions

Des productions diversifiées essentiellement non intensives


L’agriculture est diversifiée (élevage, vergers, maraîchage, COD et fourrages) et essentiellement non intensive : parcellaire plus ou moins morcelé, petite taille d’exploitation, densité des vergers, tradition pastorale et races animales locales qui valorisent les parcours y compris pentus et d’altitude.

Sur la période 2000-2010, l’orientation technicoéconomique des exploitations (OTEX) reste majoritairement l’élevage (près de 60 % des exploitations). L’élevage de bovins viande domine avec 24 % des exploitations classées dans cette orientation technico-économique. Il occupe cependant la seconde position, après l’élevage ovin/caprin, lorsqu’on considère les moyennes et grandes exploitations. Enfin si l’on considère sa part dans la production brute standard (PBS) régionale, on le trouve seulement en quatrième position (11 %) après la viticulture (37 %), l’arboriculture (21 %) et l’élevage de petits ruminants (13 %).

Il convient de distinguer une agriculture de plaine et coteaux spécialisée, plutôt moderne, mécanisée, souvent irriguée mais faiblement utilisatrice d’espace, d’un élevage dit « sylvo-pastoral » généralement extensif et fondé sur l’utilisation d’une très grande superficie de parcours. Le premier cas concerne les grandes cultures annuelles ou pérennes et les cultures légumières, mais aussi quelques éleveurs qui cultivent des prairies en zone de plaine.

En nombre d’exploitations et en surface, on observe une nette diminution du maraîchage (autour de – 50 %) et des cultures fruitières (autour de – 20 %) et une nette augmentation de l’orientation grandes cultures qui a doublée même si elle ne représente que 4 % des exploitations.
L’essor des filières apicole et plantes aromatiques est sensible, avec :

  • une production annuelle de miel qui, depuis l’obtention de l’appellation d’origine en 1998, suivie de l’AOP en 2000, a augmenté de 100 tonnes pour une production variant de 250 à 300 tonnes/an 14.
  • la multiplication par quatre des surfaces plantées en plantes aromatiques entre 2000 (24 ha) et 2009 (106 ha).

Un élevage généralement sur libre parcours

Troupeau de mouton dans l'Alta Rocca


L’élevage pastoral ovin et/ou caprin laitier pour la confection du fromage est traditionnel en Corse. Les deux tiers des exploitations se situent en Haute-Corse pour plus de 70 % des effectifs de petits ruminants. Comme ailleurs en Méditerranée, les espaces littoraux précédemment exploités par les troupeaux une partie de l’année ont été abandonnés au profit de l’urbain, du tourisme ou des cultures à forte valeur ajoutée. Les troupeaux se retrouvent le plus souvent cantonnés dans les terres où le foncier subit une pression moindre mais où les surfaces sont plus difficilement mécanisables.

Malgré un marché très porteur pour les fromages insulaires, les productions laitières ovine et caprine sont en diminution. Les transformateurs vont donc chercher en Sardaigne ou sur le continent une part croissante du lait qu’ils transforment. Une telle pratique n’est pas autorisée dans le cadre de l’AOC Brocciu, seul sigle d’origine aujourd’hui reconnu dans cette filière.

L’élevage bovin s’est lui surtout développé dans le dernier quart du XXe siècle. 65 % des effectifs se situent en Haute-Corse, avec une progression dans ce département de près de 6 % sur les dix dernières années. En Corse-du-Sud, la tendance pour la même période a plutôt diminué. Au niveau régional, le nombre de bovins est resté globalement stable, en se concentrant dans un plus petit nombre d’exploitations, plus spécialisées.

Les parcours occupent de fait une place prépondérante quel que soit le type d’élevage; les ressources du maquis (fruits, jeunes pousses) complètent utilement un fourrage herbacé dont le déficit est structurel en Corse. Une quantité importante de fourrages, estimée à 14 000 tonnes 16, est ainsi achetée hors Corse chaque année. Dans ce contexte, les élevages se trouvent mis en concurrence pour l’accès à une ressource naturellement disponible selon les saisons. La trop fréquente absence de gestion des troupeaux induit une utilisation sub-optimale des estives et une divagation animale.

L’élevage porcin continue d’augmenter et, à l’instar de l’élevage bovin, se retrouvent plus concentré dans des exploitations plus spécialisées. En 2010, une centaine d’élevages, principalement localisés dans le département de la Corse-du-Sud, représentent les trois quarts des surfaces et des producteurs. Traditionnellement, cet élevage repose sur la conduite en parcours, notamment chênaies et châtaigneraies.

 

 

 

 

 

 

 

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